BioNTech dans le vert : le couple fondateur est-il sur le point de partir ?
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BioNTech enregistre un bénéfice au troisième trimestre et continue d’investir massivement dans la recherche. Parallèlement aux autorisations attendues en oncologie, le départ du couple fondateur se précise.
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Le chiffre le plus important arrive en premier : 184,5 millions d’euros de bénéfice net, c’est ce que BioNTech a réalisé au troisième trimestre 2026. Un an plus tôt, l’entreprise avait encore enregistré une perte de 28,7 millions d’euros sur la même période. La nouvelle est donc clairement positive. Dans le même temps, un important-turnover est imminent : Ugur Sahin et Özlem Türeci quitteront l’entreprise au plus tard à la fin de 2026.
Le résultat trimestriel de BioNTech et sa situation financière globale racontent deux histoires différentes. Le troisième trimestre affiche un bénéfice de 184,5 millions d’euros. Mais sur les neuf premiers mois de son exercice 2026, l’entreprise enregistre toujours une perte de 1,17 milliard d’euros. La comparaison avec la même période de l’année précédente montre clairement l’écart : la perte s’établissait alors à 831,1 millions d’euros.
Pourquoi le trimestre est soudainement dans le vert
184,5 millions d’euros au lieu d’une perte de 28,7 millions d’euros
BioNTech a réalisé un chiffre d’affaires de 1,29 milliard d’euros au troisième trimestre. Au trimestre précédent, il était de 1,52 milliard d’euros, soit environ 230 millions d’euros de plus. Mais BioNTech avait alors également bénéficié de paiements de l’entreprise pharmaceutique américaine Bristol Myers Squibb. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires est inférieur, mais le résultat net s’améliore nettement.
Une comparaison directe des chiffres nets doit donc tenir compte des niveaux d’activité différents. Le bénéfice actuel de 184,5 millions d’euros constitue un progrès manifeste par rapport à la perte de l’année précédente. Il ne rend toutefois pas rentable l’exercice sur neuf mois : selon l’entreprise, la perte de 1,17 milliard d’euros s’est encore accumulée sur cette période.
Le principal argument à opposer à luccessfully « dans le vert » est donc le suivant : un trimestre positif ne transforme pas une perte sur neuf mois en exercice rentable.
Réciproquement, il serait tout aussi inexact d’ignorer la positivité du trimestre. Entre la perte de 28,7 millions d’euros enregistrée un an plus tôt et le bénéfice actuel de 184,5 millions d’euros, le renversement au cours d’un seul trimestre est explicable.
La prévision de chiffre d’affaires augmente surtout sur sa borne inférieure
1,7 à 1,9 milliard d’euros pour 2026
Le directeur financier Ramón Zapata, commenting le troisième trimestre, a expliqué que l’évolution de l’activité permettait de situer la prévision de chiffre d’affaires pour 2026 dans la partie haute de la fourchette. Auparavant, BioNTech tablait sur 1,6 à 1,9 milliard d’euros. La nouvelle fourchette commence désormais à 1,7 milliard d’euros ; la limite supérieure reste fixée à 1,9 milliard d’euros.
L’ajustement est donc tangible, mais limité : la borne inférieure augmente de 100 millions d’euros, tandis que le montant maximal demeure inchangé. Avec le bénéfice trimestriel, il traduit une plus grande confiance opérationnelle. Les chiffres sur neuf mois montrent néanmoins pourquoi BioNTech ne peut pas encore considérer l’exercice comme achevé.
Il est également frappant de constater à quel point les activités ont évolué en un an. L’entreprise fait état de dépenses immenses pour la recherche et le développement, notamment pour les traitements contre le cancer. Parallèlement, l’activité des vaccins contre le Covid-19 a fortement reculé. BioNTech est ainsi touchée par ces deux évolutions : d’un côté, de nouveaux coûts de développement apparaissent ; de l’autre, une source de revenus jusqu’ici importante disparaît.
Trois sites fermeront d’ici la fin de 2028
Idar-Oberstein, Marbourg et Tübingen : environ 1 800 salariés
BioNTech a annoncé cette année la fermeture de trois sites. À Tübingen, la fermeture doit avoir lieu à la fin de 2027, à Marbourg au début de 2028 et à Idar-Oberstein à la fin de 2028. Selon l’entreprise, ces fermetures concerneraient au total environ 1 800 salariés.
Les échéaux répartissent les réductions sur un peu plus d’un an. Tübingen sera touchée en premier, suivie de Marbourg et enfin d’Idar-Oberstein. Cette planification correspond aux informations selon lesquelles l’entreprise doit économiser en certains endroits, tout en investissant simultanément des sommes importantes dans la recherche et le développement.
Le tableau de BioNTech devient ainsi plus concret. Le troisième trimestre a été financièrement positif, contrairement aux neuf premiers mois. Dans le même temps, l’entreprise restructure ses sites et oriente davantage ses ressources vers les traitements contre le cancer. Les fermetures ne concernent donc pas seulement un aspect secondaire : elles font partie du redressement économique que reflètent les chiffres trimestriels.
Sahin et Türeci rejoignent Arife à Mayence
Au plus tard à la fin de 2026 : départ de l’entreprise actuelle
Ugur Sahin et Özlem Türeci, les deux cofondateurs, quitteront BioNTech au plus tard à la fin de cette année. Leur nouvelle entreprise portera le nom de Arife, sera également établie à Mayence et se consacrera à la recherche et au développement ainsi qu’à la fabrication et à la commercialisation de produits pharmaceutiques.
BioNTech et Arife discutent de la possibilité que les droits et les technologies à ARNm de BioNTech soient apportés à la nouvelle entreprise. Le projet évoque comme contrepartie possible une participation minoritaire dans Arife ainsi que des redevements de licence. Selon l’entreprise, aucun accord contraignant n’a été conclu. Les discussions se poursuivent et un accord serait facultatif pour les deux parties.
Il est donc certain que les fondateurs quitteront l’entreprise actuelle. En revanche, l’étroitesse des liens futurs entre les deux entreprises reste inconnue. Pour BioNTech, une participation minoritaire dans Arife, assortie de redevements de licence, créerait un lien supplémentaire avec la technologie et le développement de produits. Un tel accord n’est cependant pas décidé : il ne s’agit que d’une possibilité actuellement négociée par les deux parties.
La recherche demeure le principal poste de coûts, tandis que l’oncologie constitue le domaine de développement le plus important. Pumitamig, le candidat-médicament développé conjointement avec Bristol Myers Squibb, constitue par ailleurs un point de repère concret dans l’évolution de l’activité de BioNTech. Pour la première fois dans ce contexte, le troisième trimestre affiche un bénéfice net marqué, tandis que la perte sur trois ans et les fermetures de sites annoncées rendent visible le prix de la restructuration prévue.
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