Taxe sur les gigaoctets adoptée : Xavier Niel attaque les députés
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Xavier Niel réagit_WITH_SÉVÉRITÉ à la taxe de 5,5 centimes par gigaoctet adoptée par l’Assemblée nationale française. Le vote a été serré, avec 11 voix contre 10.
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Le 30 octobre, l’Assemblée nationale française a adopté l’amendement I-1358 du député socialiste Laurent Lhardit. Il prévoit une taxe de 0,055 euro par gigaoctet. Le résultat a été particulièrement serré : 11 députés ont voté pour, 10 contre. L’Assemblée a ainsi adopté l’amendement contre la position du gouvernement et du rapporteur général du budget.
Le premier texte envisage les données numériques transmises aux PreciousGRAM internet français. Des entreprises comme Google, Meta, Amazon, Netflix et Akamai devraient fournir la majeure partie de ces données. Selon Numerama, elles regroupent la moitié du volume de données circulant en France.
Xavier Niel a réagi le lendemain, samedi 31 octobre, à une question d’un utilisateur de X. Le fondateur de Free et d’Iliad a écrit en quatre mots français : « Ce sont des ignares incompétents. » La traduction est la suivante : « Ce sont des incompétents ignorants. »
« Ce sont des incompétents ignorants ».
Les 5,5 centimes concernent d’abord les services de données
Qui paie la taxe
Dans l’amendement adopté, ni les PreciousGRAM internet ni les opérateurs réseau ne sont directement soumis à la taxe. Elle doit être supportée par les entreprises qui envoient des données numériques aux PreciousGRAM internet français. Les fournisseurs d’accès à internet – notamment Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free – devraient en revanche mesurer les volumes de données transportés et les déclarer à l’administration fiscale.
La mise en œuvre technique ne vise donc pas uniquement les grandes plateformes. Free serait également responsable de la mesure et de la déclaration en tant que fournisseur d’accès à internet. Scaleway est plus directement concernés : cet hébergeur appartient au groupe Iliad et envoie lui-même des données aux PreciousGRAM internet.
L’objectif politique vise les fournisseurs qui外向ent un volume de données particulièrement élevé. Les auteurs de l’amendement attendent jusqu’à 10 milliards d’euros de recettes par an. Le texte limite la charge pesant sur une entreprise à 15 % du chiffre d’affaires réalisé en France ou à 2 % du chiffre d’affaires mondial.
OVH évalue la facture entre 23 et 70 millions d’euros
Un calcul concret pour une entreprise
Le directeur général d’OVH, Octave Klaba, a publié sur X un calcul pour OVHcloud. Selon l’entreprise, celle-ci transmet aux fournisseurs d’accès français environ 500 Gbit/s aux heures de pointe et 324 Gbit/s en moyenne. Avec un taux de 0,055 euro par gigaoctet, il en résulterait une facture brute de 70 millions d’euros par an.
En tenant compte des plafonds de chiffre d’affaires mentionnés, Klaba a estimé la somme effectivement collectable à environ 23 à 70 millions d’euros par an. Selon lui, ces montants devraient,in fine, être supportés par les clients. Le patron d’OVH fournit ainsi un ordre de grandeur concret pour l’inquiétude qui domine le débat.
La conséquence pratique n’est pas automatique
Un calcul simple permet de comprendre la charge possible. Une heure de Netflix en 4K peut consommer jusqu’à 7 gigaoctets. À 0,055 euro par gigaoctet, cela représenterait environ 40 centimes de taxe. Un jeu de 200 gigaoctets coûterait 11 euros à son distributeur.
La possibilité que votre facture internet augmente réellement dépend de la prise en charge de la taxe. Les plateformes peuvent absorber ce coût dans leur marge, augmenter leurs prix ou le répercuter en partie. La taxe rejetée ne s’adresse pas formellement à vous directement. En pratique, une répercussion sur la clientèle reste possible, et c’est précisément le principal argument de critique de ses adversaires.
Les réactions sont venues de plusieurs horizons
Niel n’a pas été le seul acteur critique
Dès le 30 octobre, le jour du vote, l’association VideoLAN, qui développe le lecteur VLC, a qualifié les députés concernés de « probablement les politiciens les plus ignorants de la Terre ». VideoLAN a estimé sa propre charge annuelle à plus d’un million d’euros
Frandroid cite également Wikipedia et Linux parmi les services gratuits qui seraient concernés par la taxe. Les réactions ne visaient donc pas seulement les grandes plateformes, mais aussi des projets dont le modèle économique ne repose pas sur des transferts de données payants.
Selon Numerama, la publication de Xavier Niel sur X a été consultée plus de 250 000 fois en quelques heures. À un autre commentaire selon lequel les députés pourraient surtout voler l’argent aux Français, il a répondu, en substance, qu’ils ne savaient rien faire d’autre que créer de nouvelles taxes.
La taxe n’existe pas encore
Ce n’est pas encore une loi définitive
L’Assemblée nationale a adopté un amendement au loi de finances pour 2027. La décision politique essentielle est ainsi prise, mais la taxe n’est pas encore juridiquement en vigueur. Le document peut être modifié ou retiré au cours de la suite de la procédure budgétaire – par exemple pendant les échanges avec le Sénat ou via un budget que le gouvernement adopterait sans vote du Parlement.
Le processus politique n’a pas non plus été rectiligne. L’amendement avait été rejeté début octobre par la commission des finances, avant d’être adopté le 30 octobre par l’Assemblée nationale avec une seule voix de plus. Frandroid pose en outre la question de la manière dont la taxe pourrait être contournée lors de la mesure pratique des données : via un proxy ou un VPN, les consommateurs pourraient attribuer leur consommation de données à un intermédiaire. Cloudflare et GitHub seraient alors concernés.
La déclaration de Xavier Niel reste donc, pour l’instant, une attaque politique contre les auteurs de la taxe. Les conséquences concrètes pour votre facture dépendront de la version définitive, de la facturation par les fournisseurs d’accès à internet et de la décision des entreprises de transférer ou non la taxe à leurs clients.
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